Mgr Antoine Racine

Lors de l'érection du diocèse de Sherbrooke le 28 août 1874, le Pape Pie IX désigne Mgr Antoine Racine comme premier pasteur de la nouvelle Église. Mgr Antoine Racine reçoit l'ordination épiscopale le 18 octobre 1874. Dès les premiers mois de son épiscopat, il prend la charge de procureur diocésain qu'il garde jusqu'en 1892. Il fonde le Séminaire de Sherbrooke en 1875 et en est le premier supérieur, et ce, jusqu'en 1878. Il invite les Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, en 1875, à fonder l'Hospice du Sacré-Coeur. Il fait venir des communautés de religieuses et de religieux enseignants: les Soeurs de la Présentation de Marie (1870), les Frères du Sacré-Coeur (1882) et les Ursulines (1884).

Devant l'incroyable pauvreté de ses diocésains, Mgr Antoine Racine fonde la Société de Colonisation de Sherbrooke (1881). Sous son pastorat, cette institution favorise la formation de nouvelles paroisses en Estrie, 54 en tout. Mgr Antoine Racine accorde beaucoup d'importance à la formation des futurs prêtres. Il leur enseigne lors de cours de théologie et de pastorale. Il donne lui-même des instructions et prêche des retraites aux communautés religieuses du temps.

Mgr Racine établit solidement les bases du diocèse de Sherbrooke. Il mourut presque subitement, à Sherbrooke, le 17 juillet 1893.

 

Mgr Paul LaRocque

Nommé comme deuxième évêque de Sherbrooke le 24 septembre 1893 par le Pape Léon XIII l'assigna, Mgr Paul LaRocque apprend cette nomination le 26 septembre, en lisant l'édition du soir, lors d'une visite au Chicago Daily News (à Chicago). Il reçoit l'ordination épiscopale le 30 novembre 1893, dans la cathédrale de Sherbrooke. En 1909, il fonde le Centre hospitalier Saint-Vincent-de-Paul de Sherbrooke. Il établit la communauté des Soeurs Missionnaires Notre-Dame-des-Anges, à Lennoxville en 1919. Il invite les Petites Soeurs de la Sainte-Famille à établir leur maison-mère à Sherbrooke en 1895. Il fut responsable de la fondation du Monastère des Soeurs du Précieux-Sang, à Sherbrooke (1895), du Couvent des Franciscains, à Lennoxville (1920), et du Monastère des Servantes du Saint-Sacrement, à Sherbrooke (1925). Il fit venir de France la Communauté des Filles de la Charité du Sacré-Coeur (1907). À son instigation, les Pères Rédemptoristes fondèrent une maison de retraites fermées, à Sherbrooke (1913). À sa demande, les Bénédictins ouvrirent un Monastère, à Saint-Benoît-du-Lac, en 1912. Il érigea 37 nouvelles paroisses. Il donna le premier élan aux syndicats catholiques. Il fit construire la Chapelle Pauline et l'évêché actuel (1917-1919). Il mourut à Sherbrooke, le 15 août 1926.

 

Mgr Alphonse-Osias Gagnon

Le Pape Pie XI le nomma évêque de Spiga et auxiliaire de Sherbrooke, le 17 avril 1923. Il reçut l'ordination épiscopale le 29 juin 1923, dans la Cathédrale de Sherbrooke. Vicaire général de 1923 à 1926, il fut choisi vicaire capitulaire, le 15 août 1926, au décès de Mgr LaRocque. Le 22 juin 1927, Rome le promut au Siège épiscopal de Sherbrooke; troisième titulaire de cette charge dans notre diocèse, il fut le premier prêtre de chez nous à y accéder. Le 28 septembre 1927, il installa le Chapitre canonial de la Cathédrale de Sherbrooke, créé par son prédécesseur en 1926. Il initia dans notre diocèse, l'action catholique spécialisée. Durant son épiscopat, il invita les Pères du Saint-Sacrement, à fonder à Sherbrooke, la paroisse du même nom (1938). Les Pères Dominicains reçurent une invitation semblable, en 1941, pour ouvrir, à Sherbrooke, la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire. Il érigea en tout cinq paroisses et consolida, dans la paix, l'oeuvre de ses prédécesseurs. Il mourut à l'évêché de Sherbrooke, le 12 février 1941. On l'appelait souvent le « Bon Monsieur Gagnon ». « Il gouverna son Église avec prudence, avec bonté; mais je l'avoue, ce fut la force qui excella. » (Source : Oraison funèbre de Son Excellence Mgr Alphonse-Osias Gagnon, prononcée par Mgr Philippe Desranleau, parue dans l'Annuaire du Séminaire Saint-Charles-Borromée 1940-1941, page 154.)

 

Mgr Philippe Desranleau

Élu évêque coadjuteur (avec future succession) et administrateur du diocèse de Sherbrooke, le 13 décembre 1937, il fut ordonné évêque de Sala et coadjuteur de Sherbrooke, le 24 février 1938, dans la Cathédrale de Sherbrooke, par le Cardinal Rodrigue Villeneuve, o.m.i. Quatrième évêque de Sherbrooke, le 13 février 1941, il convoqua, dès cette année-là, le premier synode diocésain. À son crédit, on note la fondation du Grand Séminaire de Sherbrooke (1939); de l'école d'agriculture Noé-Ponton (1946); de l'école supérieure et de génie (1949), à Sherbrooke (cours supérieur et universitaire). Cette école fut l'embryon de la future Université de Sherbrooke (1954). Il invita plusieurs communautés religieuses de pères, de frères et de soeurs à oeuvrer dans le diocèse : dans le domaine paroissial, scolaire, social, hospitalier et culturel. Il réorganisa le sanctuaire du Sacré-Coeur à Beauvoir près de Sherbrooke (1948). Il fut un promoteur de la cause féminine en Estrie, en établissant, à Sherbrooke, une école normale (1942) et un collège classique (1944) pour les filles. Il fonda le Séminaire Saint-Joseph de Sherbrooke (1950). Il acquiesça à la fondation de la Société de réhabilitation (1943) pour résoudre le problème des enfants déficients mentaux. Dans les débuts de son épiscopat, il présida une Commission épiscopale sur l'enseignement religieux dans les écoles primaires du Québec, qui aboutit à la réforme du catéchisme catholique à la grandeur de la province. Il fut un défenseur intrépide des ouvriers; rappelons-nous seulement la grève de l'amiante, à Asbestos (1949). Il donna également une forte poussée à l'action catholique spécialisée. Le 2 mars 1951, Rome implanta une nouvelle province ecclésiastique, à Sherbrooke; Mgr Desranleau fut nommé le premier archevêque de Sherbrooke. Il fut intronisé dans ses nouvelles fonctions, le 10 mai 1951. Cette année-là, il autorisa l'agrandissement du Séminaire de Sherbrooke. Le 30 août 1951, il fut victime d'un accident de la route à Saint-Eustache. Le 11 février 1952, il signa, de son lit d'hôpital, le document d'ouverture de la cause de béatification de Mère Marie-Léonie Paradis, fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Durant son épiscopat, il fonda 33 paroisses dans le diocèse. Le 22 mai 1952, il recevait le pallium des mains de Mgr Georges Cabana, son coadjuteur. Il mourut subitement à Sherbrooke, le 28 mai 1952. Il fut inhumé dans la crypte de la basilique cathédrale de Sherbrooke.

 

Mgr Georges Cabana

Né à Notre-Dame de Granby, le 23 octobre 1894, Georges Cabana est le quatrième d’une famille de 18 enfants. Après son cours classique aux séminaires de Sherbrooke et de Saint-Hyacinthe, il entreprend ses études théologiques au Grand Séminaire de Montréal. Il est le premier prêtre ordonné à Granby, le 28 juillet 1918, par Mgr Herman Brunault, évêque de Nicolet. De 1917 à 1921, il occupe la fonction de maître de discipline et de professeur au petit séminaire de Saint-Hyacinthe. Par la suite, on le retrouve pour une période de dix ans au Grand Séminaire de Toronto où il enseigne le français et la liturgie. Mgr Decelles le rappelle à Saint-Hyacinthe en 1931 pour combler différentes fonctions : professeur au petit séminaire, vicaire de Mgr Philippe Desranleau à Saint-Pierre de Sorel, aumônier à l’hôpital Saint-Charles, directeur spirituel et professeur de théologie et de liturgie au nouveau Grand Séminaire de Saint-Hyacinthe en 1935. Élu archevêque titulaire d’Anchialo en 1941, il devient coadjuteur administrateur avec droit de succession à Saint-Boniface au Manitoba. Après avoir occupé cette fonction pendant près de onze ans, Mgr Cabana est promu archevêque coadjuteur de Sherbrooke le 29 janvier 1952 aux côtés de Mgr Desranleau. Au décès de ce dernier, le 28 mai 1952, Mgr Cabana devient le cinquième évêque et le deuxième archevêque de Sherbrooke. Après son départ en mai 1968, il prend sa retraite chez les Soeurs du Bon Pasteur à Montréal. De retour à Sherbrooke depuis 1976 avec résidence au Pavillon Mgr-Racine, il décède à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke le 6 février 1986.

 

Mgr Jean-Marie Fortier

Élu évêque titulaire de Pomaria et auxiliaire de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, le 15 novembre 1960, par le Pape Jean XXIII, il reçut la consécration épiscopale le 23 janvier 1961. Paul VI le nomma évêque de Gaspé, le 19 janvier 1965. Promu sixième évêque et troisième archevêque de Sherbrooke le 20 avril 1968, il fut intronisé le 19 mai suivant. Il fonda deux paroisses et vit au jumelage de plusieurs autres. Il restructura les Offices diocésains et instaura un Conseil presbytéral, un Conseil diocésain de pastorale et un Collège des consulteurs. Il eut l'idée de la Fondation Monseigneur Jean-Marie Fortier dans le but de procurer les fonds nécessaires à la pastorale diocésaine. Grâce à son initiative, Sherbrooke est l'un des premiers diocèses du Québec à avoir un Service à la condition des femmes en Église. Au niveau de l'Église universelle, il fut membre de la Commission pontificale sur les moyens de communications sociales (1970-1975) et membre de la Sacrée Congrégation pour les sacrements et le culte divin (1975-1984). Il fut président de la C.E.C.C. (1973-1975). À l'A.E.Q., il occupa les postes suivants : président du comité épiscopal des communications sociales (1976-1984); président du comité des priorités (1977-1984); président de l'Assemblée (1985-1989) et membre du comité du laïcat. En 1990, les Chevaliers de Colomb du Québec le choisirent comme leur aumônier d'État. Il quitte le diocèse en juillet 1996. Il est décédé le 31 octobre 2002.

 

Mgr André Gaumond

Né à Saint-Thomas de Montmagny le 3 juin 1936, André Gaumond est ordonné prêtre le 27 mai 1961 en la cathédrale de Sainte-Anne-de-La-Pocatière par Mgr Bruno Desrochers, évêque de Sainte-Anne-de-La-Pocatière.

Élu évêque de Sainte-Anne-de-La-Pocatière le 31 mai 1985, il fut consacré le 15 août de la même année en la cathédrale de Sainte-Anne par son éminence le cardinal Louis-Albert Vachon, archevêque de Québec et primat de l'Église canadienne.

Promu archevêque coadjuteur de Sherbrooke le 16 février 1995, il arriveàSherbrooke le 27 avril 1995. Il devient le septième évêque de Sherbrooke et le quatrième archevêuqe le 1er juillet 1996.

À titre de métropolite de la province ecclésiastique de Sherbrooke, il reçoit le pallium des mains de Mgr Maurice Couture, archevêque de Québec et primat de l'Église canadienne,  le 25 septembre 1997, en la basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke.

Chancelier de l'Université de Sherbrooke, il a aussi exercé des fonctions à l'Assemblée des évêques : visiteur de l'Office de la catéchèse, membre du comité des ministères, président du comité des prospectives, membre du comité du laïcat,  vice-président et président de l'Assemblée des évêques (1993-1997).

À la Conférence des évêques catholiques du Canada, il été membre du comité permanent de droit canonique, trésorier, vice-président et président (2003-2007). Sa devise  est « Espérer en Dieu ».

Mgr André Gaumond s'est retiré à Charny le 28 septembre 2011. Mgr Luc Cyr lui succède.