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Rester connecté à l’Église pendant le confinement

Nouvelles 2020-11-12
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Texte tiré de la revue Ensemble- Automne 2020

Rédactrice: Anne-Séverine Guitard

Grâce aux médias, des dizaines de milliers de personnes ont pu demeurer connectées à l’Église en temps de COVID. Des réflexions, des poèmes, des narrations scandées librement (appelées slams), des célébrations, des temps de prières ou encore des vidéos d’espérance ont permis à des personnes de se ressourcer, de se relier à d’autres et à Dieu.

Les personnes à l’origine de ces projets ont donné beaucoup de temps, souvent bénévole, pour offrir un service qui n’existait pas ou pour l’améliorer.

L’abbé Bernard Rouleau, administrateur paroissial de Saint-André-Bessette de Disraeli, a commencé à filmer les messes dominicales avec son cellulaire. Il a ensuite investi dans un ordinateur portable afin d’améliorer la qualité de l’image retransmise sur Facebook.

« J’ai aimé préparer la présentation, le visuel en rapport avec le thème de l’Évangile et de mon homélie », dit-il avec enthousiasme.

Malgré toute la préparation dont il a fait preuve, l’abbé Rouleau s’est parfois buté à des imprévus. Pour le Vendredi saint, il avait mis beaucoup de soin à préparer le visuel pour favoriser une meilleure intériorité des internautes.

« Au moment de filmer, nous nous sommes rendu compte que la décoration n’entrait pas dans le champ de la caméra ! » se souvient-il.

L’élaboration des messes diffusées sur Facebook a permis au prêtre de vivre le confinement de manière positive. C’est surtout cette créativité nouvelle et émergente que l’abbé Rouleau retient de la pandémie. À cela s’ajoute le fait qu’il y avait plus d’assistance qu’avant la pandémie : jusqu’à 1 000 personnes pendant les jours saints, au lieu de 250 habituellement.

Désormais, toutes les messes célébrées à Disraeli sont filmées. Si la capacité de l’église n’est pas suffisante, les paroissiens suivent la messe diffusée au sous-sol. En cas de funérailles importantes, la célébration sera aussi diffusée sur Facebook.

Télévision locale

À l’église Saint-Joseph de Valcourt, la messe dominicale est diffusée sur Cooptel depuis 2015. En ce temps de pandémie, les diffusions ont nécessité une certaine adaptation, autant pour l’équipe bénévole de la compagnie de télécommunication que pour l’abbé Laurent Paré qui célébrait les messes.

« Les médias locaux ont joué un rôle clef dans la gestion de la crise en diffusant les informations sur les services offerts par la paroisse et en annonçant la réouverture tant attendue des églises », ajoute Lyne Moreau, agente de pastorale de la paroisse Sainte-Famille.

Adoration en direct via Facebook

Des temps d’adoration du Saint-Sacrement diffusés sur Facebook par l’abbé Charles Vallières ont connu une assistance en progression exponentielle : de 200 internautes au début du confinement à près de 10 000 internautes par jour, au mois de mai. Lui-même est étonné par cet engouement : « Ces temps d’adoration par écran interposé ne remplaçaient pas les rencontres personnelles lors des célébrations eucharistiques, mais ils répondaient à un besoin. Ils étaient un soutien. »

C’est une façon concrète pour ce pasteur d’être à l’écoute du peuple de Dieu, spécialement en ce temps d’épreuve. « Il est arrivé que je commence un temps de prière live, et que la tondeuse passe sous ma fenêtre ! C’est la joie du direct ! »

L’abbé Charles Vallières a beaucoup apprécié la collaboration avec d’autres mouvements de l’Église du Québec. Il avait le sentiment de faire des choses en Église pour le Québec : « Comme Église, nous devons être présents sur les réseaux sociaux. C’est l’évangélisation de la première annonce. »

De l’espoir en vidéo

Trois agentes de pastorale, Lyne Moreau, Marie-Josée Côté ainsi que l’auteur de ces lignes, ont lancé des vidéos mosaïques. Le principe était de demander à des prêtres, des diacres, des agents de pastorale et des personnes laïques engagées de se filmer pour adresser un message d’espérance et d’encouragement.

Chaque semaine, une dizaine de vidéos étaient mises bout à bout et diffusées sur YouTube. Des liens fraternels se sont tissés ou resserrés parce que les personnes se confiaient, exprimaient leur frustration, parlaient de leur réalité.

« C’est une super bonne idée parce que cela me permettait d’avoir des nouvelles des gens qui sont habituellement autour de moi, de revoir des personnes », raconte Marie-Josée Côté.

Alors qu’elle n’avait jamais fait de montage vidéo, cette agente de pastorale s’est formée et a assuré l’aspect technique du projet tout au long du processus.

« J’ai découvert et développé un nouveau talent. Je vais rapidement le mettre en pratique pour la pastorale en paroisse », ajoute-t-elle.

Du temps pour s’inspirer

Des réflexions, des poèmes et des slams ont été écrits par l’abbé Louis-Philippe Provost et diffusés chaque jour sur Facebook. Tous ces temps de silence et cette baisse d’activité lui ont permis de trouver l’inspiration pour écrire.

« Je n’ai jamais été autant inspiré que pendant la pandémie ! »

Il a même profité de ce temps pour faire une retraite d’un mois.

« La seule difficulté, c’est qu’il n’y avait pas de wifi en pleine nature… »

Toutes ses matinées étaient occupées pour préparer ces brefs ressourcements. Il vivait une certaine pression parce qu’une attente avait été créée par les internautes affamés de nourriture spirituelle.

« La rencontre de la personne est au cœur de mon ministère, cela m’a beaucoup manqué pendant le confinement », se souvient le jeune prêtre.

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