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La foi tatouée sur le coeur

Nouvelles 2017-08-03
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Photo: Sr Marie-Paule Carrier

En 50 ans de vie religieuse, sœur Ginette Scott en a vécu des expériences. Cette missionnaire de Notre-Dame-des-Anges, dont la Maison mère est située à Lennoxville, réalise avec ce jubilé à quel point le Seigneur est encore présent dans sa vie.

Sœur Ginette faisait partie des 73 religieuses qui célébraient un jubilé cette année. Ses consœurs, dont l’une célébrait même ses 85 ans de vie religieuse, se sont rassemblées le 1er avril dernier à la salle Saint-Michel de Sherbrooke.

 « Partout où j’ai été, j’ai tellement connu de bonheur ! Ça ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de difficultés. Non, il y en a eu et parfois ça fait mal. Mais la foi… d’avoir une relation avec une personne que tu aimes et que tu veux servir, c’est être tatouée sur le cœur », lance-t-elle.

Missionnaire

Sœur Ginette a consacré une douzaine d’années de sa vie à des missions dans la brousse africaine. Des ennuis de santé majeurs l’ont contrainte à revenir vivre au Québec où elle s’est occupée de la cuisine pendant de nombreuses années.

Dans les années 60, devenir missionnaire signifiait que l’on partait pour la vie. Pour Sr Ginette, revenir au pays était une épreuve difficile, mais nécessaire.

La brousse lui aura permis de vivre des expériences riches et fortes en émotions, comme la prise en charge d’un accouchement qui s’est avéré plus rapide que prévu. Toutefois, ici, dans les cuisines, Sr Ginette s’assurait que ses sœurs de retour au pays mangent bien.

« Avec les voyageurs ou ceux qui venaient livrer la marchandise, j’avais un contact. Je prenais le temps », ajoute-t-elle.

Un jour, l’une de ces conversations impromptues s’est éternisée des heures durant. Quelques jours plus tard, l’homme avec qui elle avait discuté de tout et de rien lui avouait qu’au moment de leur conversion, il avait en tête de s’enlever la vie le soir même.

« Tu m’as sauvé », lui avait-il dit au téléphone.

Se consacrer aux autres

Si elle avait pu, Sr Ginette serait devenue infirmière. Or, sous les conseils de son père, cette aînée d’une famille de sept enfants a plutôt opté pour le cours commercial. Malgré un bon emploi chez Bell Canada et une vie sociale bien remplie, l’appel de la vie en communauté était plus fort.

Dans sa jeunesse, celle-ci s’occupait de visiter des personnes âgées. Même durant les tempêtes de neige, Sr Ginette se souvient du sentiment qu’elle avait à marcher seule dans la rue pour se rendre à ces précieux rendez-vous.

À l’époque, la jeune femme qu’elle était avait rencontré quelques garçons. Aucun d’eux ne lui apportait le même bonheur qu’elle ressentait auprès des malades qu’elle visitait.

« Je n’étais pas bien. Je ne sentais pas de bonheur. Mais quand j’allais voir des malades ou des pauvres, j’étais remplie. C’est ce qui m’a décidée à aller vers la vie religieuse », ajoute-t-elle.

Annoncer son choix de vie à sa famille n’a pas été facile. De plus, en devenant missionnaire, elle savait qu’elle se coupait de sa famille pour une longue période. Elle a dû trouver le courage de quitter ses frères, dont le petit dernier n’avait que deux ans lors de son départ.

« Mon père, lui, m’a plutôt dit qu’il n’avait qu’une fille et qu’il aurait bien voulu la marier », se souvient-elle en riant.

Durant ses années en mission, elle recevait des lettres de sa famille. Certains de ses cousins et cousines amassaient même de l’argent pour elle afin d’aider la population où elle se trouvait.

Aujourd’hui âgée de 75 ans, Sr Ginette a toujours le plaisir d’aider. Tous les soirs, elle se rend à l’étage de ses sœurs malades afin de les nourrir.

« C’est ma cerise ! Le soir, quand j’ai travaillé toute la journée, de prendre le temps de faire manger ma p’tite sœur, c’est le bonheur ! »

Texte tiré de la revue Ensemble- Été 2017

Auteure: Eliane Thibault

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